21.12.2007

LE SILLON 04

76430371ca304afcd69d4ed0c8951eab.jpgDepuis le 14 décembre 2007, l’association «Le Sillon 04» existe dans les Alpes de Haute Provence. Son nom fait référence à Marc Sangnier, souvent cité par F. Bayrou au cours de ses discours.
Notamment : «Nous croyons d’abord au peuple plutôt que dans les oligarchies, nous croyons dans l’organisation sociale qui porte au plus haut la responsabilité des citoyens, moteur du progrès de la société et des hommes».
Marc Sangnier est peu connu du grand public. Il a pourtant été à l’origine d’une révolution dans le paysage politique français en s’opposant, au début du 20ème siècle, à la fois à l’extrême gauche marxiste et à la droite monarchiste. En 1905, le mouvement de Marc Sangnier, avec d’autres figures telles que celle de Jean Jaurès, se prononce pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat et se définit comme laïque bien que d’origine catholique. Il milite pour l’égalité civique des femmes, pour le scrutin proportionnel et l’ébauche d’un véritable système de législation sociale.
c8d5a76796f8f81b5f5dcdf2832a299f.jpgLe Sillon a été le nom donné au premier organe de presse qui a soutenu ce mouvement. Il sera temps de revenir dans le détail sur l’histoire du Sillon et celle de Marc Sangnier.

L’association «Le Sillon 04» a inclus dans ses statuts deux articles de base :

ARTICLE 2.-Objet et but
En marge de toute formation politique, l’association «LE SILLON 04» se donne pour mission d’être un lieu ouvert à toutes les réflexions et échanges susceptibles de faire progresser la pensée démocratique.
La culture, l’environnement, l’économie sociale, la séparation des pouvoirs, la défense du bien public dans le cadre de l’Union européenne, de l’Etat et de la Région constitueront quelques uns de ses sujets de prédilection.
A cette fin, l'association organise des réunions, des rencontres et des manifestations.
En s'appuyant sur une réflexion collective, elle fait connaître, par tous moyens appropriés, la teneur de ses travaux et propositions.
L’association «LE SILLON 04» se réserve le droit d’intervenir dans le débat public, de faire connaître ses prises de positions et son soutien notamment à l’occasion des consultations électorales.

ARTICLE 5.- Conditions d'adhésion
L'association a vocation à accueillir :
• toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs respectueuses des principes républicains humanistes et européens
• toutes celles et tout ceux qui souhaitent donner toute sa place à la culture, à l’éducation, au développement intellectuel de notre société pour recréer un lien social étouffé par la médiocratie et le pouvoir démesuré de l’argent.
L'adhésion d'un membre est acceptée par le Conseil d'administration, lequel n'a pas à faire connaître les raisons de son éventuel refus.

On peut adhérer pour participer aux travaux du "SILLON 04" en écrivant à :
«LE SILLON 04» 17, rue Manuel – 04400 Barcelonnette
En téléphonant : 06 80 05 84 61
ou par courriel : ch.charlesf@wanadoo.fr & picardmc@aol.com


Note publiée le jour où le Président de la République, accompagné d'un humoriste raffiné, est allé se faire bénir par le pape Benoit XVI, le jour même où un directeur de cabinet de la très catholique Christine Boutin, Ministre du Logement, a été prié de démissionner «pour éviter toute polémique» !.
L'actualité est impertinente !

06.11.2007

Salle des pas perdus

Selon que vous serez puissant ou misérable, ...

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Le fondement même de la loi CMU est de traiter le bénéficiaire de la COUVERTURE MALADIE UNIVERSELLE comme tout autre assuré social et lui permettre d’avoir accès à toutes les formes de soins sans le renvoyer vers une «médecine du pauvre». Le fait qu’un professionnel de santé ne respecte pas ce principe de base est à l’origine de ce que l’on appelle en terme générique « refus de soins ». Ca existe. Des testing l’ont prouvé qui porte à 14 % la fréquence de ces cas de discrimination choisie. Source
Dans le texte de la loi du 27 juillet 1999 ne figure aucune disposition spécifique pour encadrer et réprimer ces pratiques. Ce n’est pas un oubli dans la mesure où le législateur espérait que le code de déontologie pouvait y suffire.
Le législateur s’est donc visiblement mis le doigt dans l’œil mais comme ses indemnités lui permettront de s’ouvrir les portes de tous les bons ophtalmos du quartier, il s’en remettra.
Quant à ceux qui sont tombés malades alors qu’ils étaient déjà dans le besoin… vae victis ! Le forfait santé les guette pour les ratiboiser tout à fait. Pour la bonne cause (le trou de la sécu) et sans obligation de résultat.
Il y a heureusement des praticiens respectueux de leur code déontologique et visant l’excellence professionnelle.

a085836bd6c6eda564b7f93200e653cf.jpg Côté justice, aveugle et impartiale comme chacun sait…, ceux qui, en butte aux «accidents de la vie» seraient en situation de demander une AIDE JURIDICTIONNELLE, ...... peuvent surtout avoir des surprises. Et ce malgré l’article 11 de la décision du 12 juillet 2007 portant adoption du règlement intérieur national de la profession d’avocat.
Car avant toute chose, il faut bien qu’ils se disent qu’ils peuvent déranger des hommes et femmes de loi très occupés à «faire bouillir la marmite» surtout en fin de mois, ou à rechercher l’affaire du siècle qui leur ouvrira les portes de la renommée.

On en voit ainsi errer comme des âmes en peine dans les salles des pas perdus de tribunaux de province en quête de subsides et se souvenant avec nostalgie du serment prononcé le jour où ils ont choisi d’endosser la robe pour mieux défendre la veuve et l’orphelin.
Pour autant le quidam sera-t-il mieux soigné, je veux dire défendu, s’il consent un «palmérium clandestin» (honoraire complémentaire) ou accepte de passer un pacte quota litis (*) avec son conseil ?

Tout étant affaire de compétences ou de pouvoir de persuasion, rien n’est moins certain et, de toute façon, la Une de l’actualité est réservée à notre garde des sceaux, ministre de la justice qui pense que tout passe par une refonte urgente de la carte judiciaire. Judicieux, non ?
Mais «enlever un tribunal d'instance, c'est comme enlever un bureau de poste» dixit dans Le Monde Jacques Commaille, professeur à l'Ecole normale supérieure de Cachan, auteur de "Territoires de justice, une sociologie politique de la carte judiciaire".

Ce faisant, ce spécialiste ne fait que souligner un dilemme : comment concilier libéralisme et service public ?

(*) Le pacte de quota litis est une convention passée entre l’avocat et son client avant décision judiciaire définitive, qui fixe exclusivement l’intégralité des honoraires en fonction du résultat judiciaire de l’affaire, que ces honoraires consistent en une somme d’argent ou en tout autre bien ou valeur.

07.10.2007

Comment plaire au MoDem ?

Les tentatives de séduction vont bon train. On connaît les talents de notre président de la république dans ce domaine et le suffrage universel lui a malheureusement donné les moyens d’en faire succomber plus d’un. A un point tel que les membres de son propre parti, l’UMP, en mesurent les inconvénients et s’interrogent sur le sens de leur engagement derrière un chef de file omniprésent.
Pas besoin de rappeler ici que son statut de chef d’Etat (articles 8 et 13 de la constitution) lui donne une capacité de nomination étendue (pas suffisamment à son gré, puisqu’il se charge d’outrepasser ses prérogatives au mépris d’une séparation des pouvoirs bien comprise).
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Au plan local, la pratique de la séduction fait des émules, même si les séducteurs n’ont rien d’attirant ni rien pour attirer. Ainsi à Manosque, le moindre des petits notables s’y essaie.
La Provence du 6 10 2007.doc

Le Mouvement Démocrate est une cible idéale et les artifices utilisés sont de plus en plus nombreux pour conquérir un électorat qui a pourtant récemment exprimé sa lassitude à être périodiquement sollicité dans le seul but de satisfaire des ambitions personnelles sans intérêt pour la collectivité.
Avant de mettre en place un projet pour la Ville, nos apprentis séducteurs, s’en vont donc à la conquête de fiefs encore inconnus sans trop bien savoir ce qu’ils pourront en ramener, ni à quel niveau ils seront en mesure d’élever le débat qui s’annonce pour les prochaines élections municipales.
Ce faisant, ils placent le verbe «Avoir» avant le verbe «Etre» sans savoir que, précisément l’originalité du Mouvement Démocrate consiste à commencer par le commencement : à «Etre» avant «d’Avoir» et d'avoir été.

Sans jouer vraiment sur les mots, le moindre des experts comptables devrait au moins savoir qu’il est impossible de se constituer un «avoir» sans investissement préalable. Il pourrait même être tenté de renoncer tout à fait à cette opération s’il lui venait à penser que s’investir en politique présume un certain renoncement à soi-même. En serait-il capable ?
D’anciens centristes qui pourraient n’avoir de conviction que l’étiquette, sont prêts à succomber à la tentation pourvu que le séducteur sache leur prédire un avenir aussi radieux qu’avantageux. Ils ne sont pas très exigeants.

Il faut donc rappeler que le timing du MoDem à Manosque est le suivant :

1. Concrétiser sa structuration interne en veillant à préserver ses valeurs fondatrices et son INDEPENDANCE.
2. Travailler sur un projet : en connaître la nécessité, le coût et la faisabilité.
3. Constituer des équipes opérationnelles capables de satisfaire l’intérêt général de façon réaliste.
4. Viendra alors le temps où il sera possible de confronter les projets et d’apprécier la qualité des personnes susceptibles de les mener à bien.

Avant d’inviter le Mouvement Démocrate à sa table pour lui faire inconsidérément du pied, les séducteurs manosquins devraient se pencher sur d’autres questions plus terre-à-terre.
Comme celle-ci :
Manosque : 20.000 habitants (environ) ; Médecins généralistes : 20 (environ) ; Libraires : (4, à tout casser) ; Experts comptables : 25 (environ) ; Coiffeurs et apparentés : 40 (hors service à la personne)….. Pourquoi ?

La question n’est pas sans intérêt si on ne veut pas "ennuyer" gratis.

21.09.2007

Philinte est-il une fiction ?

Philinte dépasse la fiction.
En effet, comme vous aurez pu le constater philinte(lol), qui aime bien rire et utilise donc l’expression «I am Laughing Out Loud» (LOL) à tort et à travers, va continuer à militer pour l’UDF, ancienne mouture.

Il s’exprime à ce sujet :

«Merci Rivoli .... ou plutot austerlitz ? la clarification que j'etais venu chercher je l'ai .... les UDF ne sont pas bienvenus au modem ... ils sont même préférés dehors !! meme si pour cela il faut faire dire a francois Bayrou qu'il s'est trompé .... ( alors que les adherents du modem se posent plutot en groupie de FB !!) je vais donc militer pour un maintien de l'UDF ... en dehors du modem.... et bon vent au modem .... cordialement»
Ecrit par : philinte(lol) | 20.09.2007

Nous l’en remercions. Mais,...

Profitons donc de son absence
Pour parfaire nos connaissances.

b73c9c845eed6abdd865304f79c11746.jpgLe personnage de Philinte évolue dans le Misanthrope ou l'Atrabilaire Amoureux de Molière. Curiosité culturelle, il se pourrait qu'il évolue aussi à Manosque et se prépare à investir la MJC, déraisonnablement inactive durant l'été.

Citations célèbres extraites de la pièce :
•«Moi, votre ami ? Rayez cela de vos papiers.» (Alceste, acte I, scène I, vers 8)
•«L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait. » (Alceste, acte I, scène I, vers 64
•«... Ces haines vigoureuses
Que doit donner le vice aux âmes vertueuses. » (Alceste, acte I, scène I, vers 121-122)
•«... Le temps ne fait rien à l'affaire.» (Alceste, acte I, scène II, vers 314)
•«Ah! qu'en termes galants, ces choses-là sont mises !» (Philinte, acte I, scène II, vers 325)
•«Belle Philis, on désespère,
Alors qu'on espère toujours.» (Oronte, acte I, scène II, vers 331-332)
•«C'est ainsi, qu'un amant, dont l'ardeur est extrême,
Aime jusqu'aux défauts des personnes qu'il aime.» (Eliante, acte II, scène IV, vers 729-730)

A votre avis, qui se cache derrière le pseudo de «Philinte» ?

Le premier à donner la bonne réponse gagnera un exemplaire original de la vie et des œuvres de Fabre d’Eglantine.

Rappel «historique» :
Philippe-François-Nazaire Fabre, plus connu sous le pseudonyme de Fabre d'Églantine né et baptisé le 29 juillet 1750 à Carcassonne et guillotiné à Paris le 5 avril 1794, est un acteur, dramaturge, poète et homme politique français.
Sa fatuité, son besoin d'intriguer sans cesse l'ayant fait haïr de ses collègues, ceux-ci montent une cabale contre lui, et ses pièces, par ailleurs souvent médiocres, sont sifflées. Seules Le Collatéral (1789) et Le Philinte de Molière (1790) obtiennent un triomphe.
Source : Wikipédia.

20.09.2007

Doit-on préciser… ?

Dans un commentaire sur la note intitulée «Proposition de charte citoyenne» et à propos le l’alinéa «Respect pour tous», Philinte écrit :

«Si le principe est éminemment incontestable et incontournable, sa formulation ne parait viser qu'à protéger les «nouveaux modem»…»

Je me dois donc de préciser :
Le «respect pour tous» vise à PROTEGER LE MODEM de tous ses adhérents, quelque soit leur origine, tentés de se détourner du principe de base du MoDem : L’INDEPENDANCE ou, plus rarement on peut l’espérer, de se faufiler dans le mouvement pour le parasiter.

Je ne sais pas si F. Bayrou à toujours eu la ligne de pensée qui est la sienne aujourd’hui (je ne sais pas non plus si les adhérents de l’UDF avaient souscrit à cette ligne de pensée avant tout le monde. Et cela m’est égal). Toujours est-il que F. Bayrou a lui même reconnu s’être trompé dans le passé (ce qui arrive à tout le monde, le reconnaître n’étant pas à la portée du premier venu), et qu’aujourd’hui (peut être depuis le Congrès de Lyon en 2006) sa ligne politique a rassemblé près de 19% d’électeurs. Il y a relation de cause à effet et, que je sache, personne n’a pensé à faire un tri parmi ces nouveaux électeurs et adhérents potentiels.

Ce n’est pas le moment de commencer. Pourtant, il s’agit aujourd’hui d’éviter que l’on ne s’accoquine impunément avec n’importe qui dans le seul but d’en tirer un avantage personnel sans être convaincu du bien fondé de la social – économie ou de l’importance de la question environnementale, par exemple. Ces questions font l’unanimité au MoDem. Elles font partie des valeurs que nous avons à défendre.

J’ajoute que NOUS SERONS TOUS DES NOUVEAUX ADHERENTS AU MODEM, le jour où le Mouvement Démocrate aura finalisé son existence en novembre 2007. Je ne vois donc pas ce qu'il y a de contestable à ça.

Par ailleurs, il faut espérer qu’une nouvelle vague d’adhésion déferle au MoDem. Bien sûr, il faut et faudra savoir accueillir les nouveaux arrivants.
S’ils veulent adhérer au MoDem, il faudra qu’ils soient d’accord avec la charte éthique. A eux de voir.
Si non, je souhaite qu’ils puissent éventuellement être considérés comme des auditeurs libres pouvant faire des propositions mais sans pouvoir de décision (ou alors, à quoi bon adhérer).

Autre question (annexe ?) de philinte : grosso modo,
«les personnalités controversées ont-elles leur place au MoDem ?» (LOL)

Je répondrais par une autre question : pourquoi ont-elles été controversées (contestées) et sur quoi porte ou portait la controverse ? Les réponses sont sans doute subjectives. Mais dès lors qu’il s’agit d’intégrer un groupe, il serait très improbable que le groupe en question accueille «avec chaleur» ceux qui auraient essayé de le fragiliser ou seraient tenté de le faire.
On ne peut pas faire confiance à son bourreau, surtout s’il a raté son coup. On attend de lui un peu plus d’efficacité et s’il n’est pas fiable il risque même de se faire mal. (LOLx2)
Ce ne sont pas les statuts qui le mettront à l’abri de ce genre «d’accident du travail», mais bien la charte éthique qui devrait le dissuader de faire un usage immodéré d’idées qu’il ne maîtrise pas.

Sil y a des candidats à l’investiture pour les élections, il me semble normal de leur en demander un peu plus qu’aux adhérents de base : qu’ils s’engagent par leur signature à respecter la charte éthique, elle-même confortée par des statuts. Et pas l'inverse.

Quant aux accords de partenariat (à ne pas confondre avec la charte éthique), ils concernent d’éventuelles fusions de listes pour les municipales. On ne saurait bien sûr en signer (des accords de partenariat) avec n’importe qui et n’importe comment ou pour n’importe quoi. D’où l’importance de concevoir des accords implicites de bons voisinages avec d’éventuels colistiers, ce qui doit se matérialiser par ce que j’appelle «accords de partenariat». De toute façon, rien ne se fera sans eux, et rien ne se fera sans le MoDem tel que nous le bâtissons.

08.08.2007

ZAC’ résidences

La ZAC de Chanteprunier à Manosque repose sur une hypothèse : ITER.
Autant que :
- Sur une ambition sans doute démesurée et de toute façon irréaliste : faire de Manosque un pôle économique régional, entrant en concurrence avec Aix et Marseille. Notamment.
- Sur un non dit (ou pire, une inconscience majeure) : faire de Manosque, de façon irréversible, une cité dortoir au mépris de toute autre considération d’ordre environnementale et sans égard pour les commerces du centre ancien ni pour les riverains.
Tant et si bien que dans le cadre des prochaines élections municipales, la ZAC est d’ores et déjà devenue l’épicentre de légitimes ressentiments.

f216ae15338b653abead5aecb24678e1.jpgLorsqu’en 2005, J. Chirac annonçait que la France allait «battre» le Japon et obtenir que la construction du réacteur expérimental ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) soit implantée à Cadarache, faire valoir économique de la ville, tout le monde, à juste titre, s’en est félicité. A commencer par les gestionnaires territoriaux trop heureux de pouvoir utiliser cette nouvelle pour justifier de projets hors de proportion pour une agglomération de 20 000 habitants (26 350 dans le cadre de la communauté de communes Luberon - Durance - Verdon).
La perspective créée a fait exploser le marché de l’immobilier. Pour ne pas être en reste, les élus locaux se sont mis en tête d’aménager le territoire. A leur façon.

Sur le plan scientifique, le professeur Masatoshi Koshiba, prix Nobel japonais de physique, remet en cause le bien-fondé du projet de Réacteur thermonucléaire «ITER». Le prix Nobel de physique 2002 estime qu'ITER ne remplit pas «un certain nombre de conditions, à savoir la sûreté et les coûts économiques», pour s'affirmer comme une prochaine source d'énergie quasi inépuisable. (TOKYO -AFP - le 30-01-2004)
Pour Claude Allègre (L'Express – le 30-05-2005) «L'installation à Cadarache du réacteur à fusion nucléaire est une mauvaise nouvelle pour notre recherche.» (…) Surtout pour la Provence, «où les hommes politiques, fiers, ignorants et naïfs, sont persuadés qu'ITER va leur apporter richesse, prospérité et prestige !… Malheureusement, rien de tout cela ne se produira : ITER saignera à blanc les collectivités locales et affaiblira encore un peu plus le budget de la recherche française.»
Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique 1991, a quant à lui atomisé le réacteur ITER dans les Echos, le 12 janvier 2006. Extrait : «Je trouve que l'on consacre beaucoup trop d'argent à des actions qui n'en valent pas la peine. Exemple, la fusion nucléaire. Les gouvernements européens, de même que Bruxelles, se sont rués sur le réacteur expérimental ITER, sans avoir mené aucune réflexion sérieuse sur l'impact possible de ce gigantesque projet. Quoique grand défenseur des grosses machines communautaires, et ancien ingénieur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), je n'y crois malheureusement plus, même si j'ai connu les débuts enthousiastes de la fusion dans les années 1960.»

Symptomatique aussi qu’au cours des deux dernières campagnes électorales, pas un mot n’ait été prononcé sur un projet dont on aurait pu s’enorgueillir à bon compte devant les électeurs. A moins que le sujet ne soit devenu tout à coup épineux.
Evidemment, tout cela ne prouve rien.
Reste que dans le meilleur des cas, pour produire vraiment de l'électricité, il faudra attendre entre 35 et 50 ans. Quant aux chercheurs Iteriens, ils ne devraient, au mieux, entrer en phase active qu‘en 2015.

Alors pourquoi avoir été aussi pressé pour aménager une zone en dépit du bon sens, de l’esthétique et des équilibres à trouver entre centre ville et périphérie ? Pour faire plaisir aux promoteurs ? Pour doper virtuellement le bassin d’emplois de Manosque et de ses environs ? Pour dynamiser le tourisme et l’identité d’une ville qui encense en permanence Jean Giono, apôtre d’une nature cosmique et généreuse ?

La municipalité de Manosque et la communauté de communes à laquelle la ville est rattachée doit maintenant digérer ses erreurs : «assumer la responsabilité et le risque financier de l’opération», assumer le fait d’avoir choisi un passage à la hussarde et la précipitation pour parvenir à des fins incertaines.

L’association Chanteprunier, regroupant habitants et propriétaires des terrains concernés dans les quartiers Bas St-Lazare, Embarrades, Chanteprunier et Moulin Neuf a donné son avis sur ce projet :
- prématuré par rapport à l’accroissement futur de la population sur les 15 ans à venir
- démesuré quant aux superficies envisagées
- contestable sur le plan environnemental
- dommageable pour l’activité marchande du centre ville (sur l’ensemble du territoire communal, la plupart des ratios surfaces totales/nombre d’habitants sont déjà supérieurs aux moyennes nationales)
De fait, ce qui est particulièrement remis en cause est la partie «zone commerciale» de cette zone d’aménagement concerté.

La création de l'école internationale et du nouvel hôpital sont vraisemblablement les seuls côtés positifs que l’on pourra retenir de cette opération mal ficelée et «imaginée» à partir de l’hypothèse «ITER».

71dd14fc385c0b1203fa7fec3b363a28.jpgMais qu’adviendra-t-il si d’aventure, les chercheurs étrangers refusaient de venir habiter dans cette zone si peu résidentielle ou si, pour une raison ou une autre, il n’était plus nécessaire de faire appel à eux ? Devrait-on alors envisager de transformer les logements construits en cités HLM susceptibles de désengorger les grandes villes de la région PACA ?
Dans ce cas, les retombées d’ITER seraient effectivement incommensurables.


L’association « Chanteprunier » a un site internet :
http://antizac.free.fr/association_ZAC_manosque.html