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21.08.2007

Grenelle de l’environnement.

Regrettable que le secteur bancaire ne soit pas représenté dans les discussions du «Grenelle – Environnement».

(voir http://www.premier-ministre.gouv.fr/, conseil de ministres du 9 juillet 2007).

Le Ministère de J-L. Borloo pense sans doute que les banques suivront – accompagneront - les «20 à 30 mesures concrètes…» qui devront nécessairement être financées. C’est sûrement vrai dans la mesure où elles pourront tirer bénéfice de ces mesures. Par exemple : aider à financer le développement de l’énergie solaire, industrie hautement exportable au-delà de la Méditerranée notamment, ou encourager l’achat de véhicules propres. Tout le monde est d’accord là dessus. Mais alors pourquoi ne pas les avoir invitées ne serait-ce qu’au titre d’auditeur libre alors qu’elles sont les mieux placées pour booster bon nombre d’initiatives ?

Le problème est sans doute ailleurs et le «grenelle» de l’environnement qui se doit d’être à la hauteur des accords du même nom, accords qui ont suivis les événements de 1968, par ailleurs tant décriés, relève d’un nouvel état d’esprit plus que d’une «nouvelle donne».

Le «Grenelle Environnement», tel qu’il est conçu, sonne faux.
Par exemple, J-L. Borloo qui a initié le projet de «maisons à 100 000 €» n’a pas, pour le moins, favorisé une urbanisation cohérente, alors que tout le monde comprend que l’habitat diffus est source de perturbations environnementales diverses. Le même J-L. Borloo qui orchestre cette rencontre dont il est fait grand tapage aujourd’hui se trouve donc, de fait et avant toutes conclusions tirées, en porte à faux avec lui-même comme avec l’état d’esprit qu’il serait souhaitable de se forger.

Par ailleurs, si ce débat franco - français ne débouchait pas sur des avancées au plan européen et international, nous n’aurions été victimes que d’une tentative de diversion supplémentaire.
Les scientifiques qui animent les groupes de réflexion ont-ils malgré tout raison de jouer le jeu, tout en sachant qu’ils ne sont pas maîtres du jeu ? … Sans doute, dans la mesure où les forums auxquels ils participeront, activeront une prise de conscience nécessaire. Ca n'est pas négligeable, mais ce ne sera pas suffisant.

D’autant plus que l’esprit de méthode (cohérence des mesures concrètes, hiérarchies des enjeux, appels à expertises…) ne semble pas avoir été convié, lui non plus, à siéger autour de cette table ronde.
On peut vouloir convaincre gentiment les entreprises de ne pas délocaliser ou de «polluer-proprement-dans-le-mesure-du-possible» ; on ne peut malheureusement pas demander à la planète de se satisfaire de bonnes et spectaculaires intentions seraient-elles entérinées par un président de la République omnipotent.
Il faut espérer que l’on en restera pas là.

20.08.2007

La dette continue

Estimation à partir des chiffres du 31 mars 2007 : dette de 1176 milliard d'euros (données INSEE)

11.08.2007

Proposition de charte citoyenne

Pour que le citoyen ait sa place au cœur du MoDem,
pour que le MoDem ait sa place au centre d’une sociale-économie :



Respect pour tous : le passé militant de tout individu appartient à son histoire propre. L’ensemble des " histoires " individuelles constitue la richesse du Mouvement Démocrate à un moment donné. Il serait aberrant de se priver d’expériences diverses sous prétexte que ces expériences auraient été rejetées par des appareils partisans.

Force aux militants et aux électeurs. Les élus, à quelque échelon qu’ils puissent se trouver, ne sont que les représentants de leurs électeurs. Ceux-ci peuvent à tout moment les démettre des mandats accordés et, à tout le moins, ne plus leur reconnaître l’autorité dont ils songeraient à se prévaloir au travers de statuts.

Rejet de l’ultralibéralisme et introduction de l’humain dans la pratique politique. Maîtrise du système productiviste et renoncement au citoyen - consommateur.
Donner toute sa place à la culture, à l’éducation, au développement intellectuel de notre société pour recréer un lien social étouffé par la médiocratie.

Engagement écrit et signé explicitant clairement les raisons et motivations de tout membre du MoDem qui souhaiterait se porter candidat à une fonction au sein du mouvement ou à une élection.

Fidélité, constance et cohérence des élus face à leurs engagements pour permettre à une nouvelle pratique politique de s’installer durablement. Vivre pour la politique et non vivre de la politique, chaque individu ayant par ailleurs vocation à intervenir dans les débats d’idées avec son propre niveau d’expérience, sa propre réflexion.

Pragmatisme sans angélisme vis à vis des autres formations politiques qui n’ont ou n’auraient pas à respecter les mêmes engagements que le Mouvement Démocrate. Définition d’une plate-forme commune dans le cadre d’une gestion locale des intérêts collectifs.

Implantation locale. Mise en évidence des spécificités du territoire, de ses enjeux économiques et environnementaux. Confrontation de points de vue avec les comités d’intérêts locaux, associations (culturelles, sportives ou caritatives), syndicats, chambres consulaires, usagers… Obtention de données chiffrées, statistiques et perspectives relatives au territoire donné.

Faire prévaloir des positions fondées sur l’intérêt général. Apprendre à communiquer : écouter – comprendre, expliciter son point de vue, savoir le réformer, débattre n’étant pas forcément combattre.

Respecter les électeurs marginalisés : les écouter, les aider à résoudre leurs problèmes sans condescendance ni fausse compassion, les aider à reprendre pied dans le corps social dont il sont séparés.

Le 11 juillet, à Marseille, François Bayrou a déclaré : " On ne construit pas une maison ensemble sans la confiance de chacun ".
Sans trahir sa pensée, on peut transcrire :
On ne construit pas une maison ensemble sans la confiance de chacun … et sans que chacun ait sa part de responsabilité.

09.08.2007

Contre-pouvoir et jalousie

Si le MoDem doit être "un contre-pouvoir intelligent" à la majorité présidentielle, il doit l’être tout autant face à un certain état d’esprit «UDF» fait de pesanteur et de suffisance à son égard.
1ef48d3c2edf2f1050d08846461ed97a.jpg«
La jalousie peut devenir maladive, elle est alors source de souffrance pour son auteur comme pour son objet. » (Wikipédia)

L’UDF ne supporte pas que de nouveaux adhérents puissent remettre en cause leur impérieuse nécessité de rester dans l’ombre des majorités locales et les poussent à résister, à prendre position sur des sujets épineux, quitte à prendre des risques. Constellée de petits notables de province, soucieux de préserver leur situation sans histoire, de ne pas froisser leurs vieux électeurs, cette UDF là est déchirée entre son désir de suivre son penchant naturel, à savoir rejoindre les conservateurs bien-pensants et sans souci, ou survivre à la montée en puissance des nouveaux adhérents du MoDem de François Bayrou.
Ne pas faire de vague leur convient assez bien. Ils attendent que la situation se décante et se prévalent d’une sagesse proverbiale pouvant éventuellement correspondre au souci d’opposition constructive qui fait l’unanimité au MoDem. Les nouveaux adhérents sont vus comme des agitateurs qui ne connaissent rien aux vertus du discours opaque, qui ont le culot de réclamer transparence et clarification, qui mettent les pieds dans le plat.
Pour tempérer leur ardeur, les nouveaux adhérents s’entendent dire qu’il ne faut pas dévoiler ses batteries trop tôt, que les idées de F. Bayrou ont déjà été suffisamment pillées, qu’il faut en croire leur vieille expérience, que les questions d’organisation seront traitées en leur temps par le MoDem du jour où, «en-octobre-novembre-on-verra», les nouveaux statuts auront été déposés (par qui ?), que les finances du MoDem dépendent du bon vouloir des «propriétaires» de l’UDF. Etc, etc. Ca frise la maltraitance intellectuelle.

Bref les UDF de toujours temporisent tout en espérant confusément que le Nouveau Centre, par exemple, viendra à leur secours et rétablira un équilibre numérique qui aujourd’hui n’est pas en leur faveur. Les récentes déclarations de D. Bariani et autre T. Benoit, sont accueillies par eux comme des paroles sages et pleines de promesses. On peut comprendre. On peut aussi en discuter et se poser la question de savoir pourquoi l’UDF ne peut, ni ne veut apparemment fusionner avec le Mouvement Démocrate.

Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, les nouveaux adhérents du MoDem, quelque soit leurs compétences ou aptitudes personnelles, ne sont pas jugés à même de percevoir les finesses, pour ne pas dire finasseries, de la vie politique hexagonale et encore moins locale. Leurs idées, leur activisme, est perçu comme un danger encouru par «élites» installées.

Pourtant, nous ne demandons rien d’autre qu’une revitalisation de la citoyenneté, une prise en compte de l’intérêt général, l’application du principe « Vivre pour la politique et non vivre de la politique ».
Le risque que nous voulons prendre n’est pas différent de celui pris par François Bayrou. C’est un risque qui coûte cher. Si cher qu’il est inestimable puisqu’il nous rend notre dignité : celle de faire passer le débat d’idées, l’engagement, avant les questions de stratégies partisanes, même si ces questions ne sont pas absentes de notre réflexion. Le seul risque qui vaille la peine d’être pris : remettre le citoyen au centre de la cité et résister à l’affaiblissement de la démocratie avec toute la lucidité nécessaire.

Lorsque l’on s’entend dire par nos contradicteurs de l’intérieur que si le MoDem est pris d’assaut par les nouveaux adhérents, «François Bayrou n’aura plus assez de signatures pour se présenter aux élections de 2012», cela relève autant d’un chantage absurde que d’une névrose obsessionnelle s’apparentant à la jalousie.

François Bayrou n’est la propriété de personne. Pas même ses idées, puisque nous les partageons. Il n’appartient qu’à lui-même. Et ce n’est pas parce qu’il bénéficie d’une côte de popularité positive qu’il faudrait chercher à s’en accaparer les faveurs, comme si son affection à l’égard de ses anciens « soutiens » l’empêchait de répondre aux attentes qu’il a suscitées chez des citoyens libres, sincères et sans arrières pensées, lassés qu’on leur fasse prendre des vessies pour des lanternes et leurs illusions pour des réalités.
Chantage pour chantage, qu’adviendrait-il si les nouveaux adhérents, donc, continuaient d’être aussi mal traités et mal admis ?… Courage.

08.08.2007

ZAC’ résidences

La ZAC de Chanteprunier à Manosque repose sur une hypothèse : ITER.
Autant que :
- Sur une ambition sans doute démesurée et de toute façon irréaliste : faire de Manosque un pôle économique régional, entrant en concurrence avec Aix et Marseille. Notamment.
- Sur un non dit (ou pire, une inconscience majeure) : faire de Manosque, de façon irréversible, une cité dortoir au mépris de toute autre considération d’ordre environnementale et sans égard pour les commerces du centre ancien ni pour les riverains.
Tant et si bien que dans le cadre des prochaines élections municipales, la ZAC est d’ores et déjà devenue l’épicentre de légitimes ressentiments.

f216ae15338b653abead5aecb24678e1.jpgLorsqu’en 2005, J. Chirac annonçait que la France allait «battre» le Japon et obtenir que la construction du réacteur expérimental ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) soit implantée à Cadarache, faire valoir économique de la ville, tout le monde, à juste titre, s’en est félicité. A commencer par les gestionnaires territoriaux trop heureux de pouvoir utiliser cette nouvelle pour justifier de projets hors de proportion pour une agglomération de 20 000 habitants (26 350 dans le cadre de la communauté de communes Luberon - Durance - Verdon).
La perspective créée a fait exploser le marché de l’immobilier. Pour ne pas être en reste, les élus locaux se sont mis en tête d’aménager le territoire. A leur façon.

Sur le plan scientifique, le professeur Masatoshi Koshiba, prix Nobel japonais de physique, remet en cause le bien-fondé du projet de Réacteur thermonucléaire «ITER». Le prix Nobel de physique 2002 estime qu'ITER ne remplit pas «un certain nombre de conditions, à savoir la sûreté et les coûts économiques», pour s'affirmer comme une prochaine source d'énergie quasi inépuisable. (TOKYO -AFP - le 30-01-2004)
Pour Claude Allègre (L'Express – le 30-05-2005) «L'installation à Cadarache du réacteur à fusion nucléaire est une mauvaise nouvelle pour notre recherche.» (…) Surtout pour la Provence, «où les hommes politiques, fiers, ignorants et naïfs, sont persuadés qu'ITER va leur apporter richesse, prospérité et prestige !… Malheureusement, rien de tout cela ne se produira : ITER saignera à blanc les collectivités locales et affaiblira encore un peu plus le budget de la recherche française.»
Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique 1991, a quant à lui atomisé le réacteur ITER dans les Echos, le 12 janvier 2006. Extrait : «Je trouve que l'on consacre beaucoup trop d'argent à des actions qui n'en valent pas la peine. Exemple, la fusion nucléaire. Les gouvernements européens, de même que Bruxelles, se sont rués sur le réacteur expérimental ITER, sans avoir mené aucune réflexion sérieuse sur l'impact possible de ce gigantesque projet. Quoique grand défenseur des grosses machines communautaires, et ancien ingénieur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), je n'y crois malheureusement plus, même si j'ai connu les débuts enthousiastes de la fusion dans les années 1960.»

Symptomatique aussi qu’au cours des deux dernières campagnes électorales, pas un mot n’ait été prononcé sur un projet dont on aurait pu s’enorgueillir à bon compte devant les électeurs. A moins que le sujet ne soit devenu tout à coup épineux.
Evidemment, tout cela ne prouve rien.
Reste que dans le meilleur des cas, pour produire vraiment de l'électricité, il faudra attendre entre 35 et 50 ans. Quant aux chercheurs Iteriens, ils ne devraient, au mieux, entrer en phase active qu‘en 2015.

Alors pourquoi avoir été aussi pressé pour aménager une zone en dépit du bon sens, de l’esthétique et des équilibres à trouver entre centre ville et périphérie ? Pour faire plaisir aux promoteurs ? Pour doper virtuellement le bassin d’emplois de Manosque et de ses environs ? Pour dynamiser le tourisme et l’identité d’une ville qui encense en permanence Jean Giono, apôtre d’une nature cosmique et généreuse ?

La municipalité de Manosque et la communauté de communes à laquelle la ville est rattachée doit maintenant digérer ses erreurs : «assumer la responsabilité et le risque financier de l’opération», assumer le fait d’avoir choisi un passage à la hussarde et la précipitation pour parvenir à des fins incertaines.

L’association Chanteprunier, regroupant habitants et propriétaires des terrains concernés dans les quartiers Bas St-Lazare, Embarrades, Chanteprunier et Moulin Neuf a donné son avis sur ce projet :
- prématuré par rapport à l’accroissement futur de la population sur les 15 ans à venir
- démesuré quant aux superficies envisagées
- contestable sur le plan environnemental
- dommageable pour l’activité marchande du centre ville (sur l’ensemble du territoire communal, la plupart des ratios surfaces totales/nombre d’habitants sont déjà supérieurs aux moyennes nationales)
De fait, ce qui est particulièrement remis en cause est la partie «zone commerciale» de cette zone d’aménagement concerté.

La création de l'école internationale et du nouvel hôpital sont vraisemblablement les seuls côtés positifs que l’on pourra retenir de cette opération mal ficelée et «imaginée» à partir de l’hypothèse «ITER».

71dd14fc385c0b1203fa7fec3b363a28.jpgMais qu’adviendra-t-il si d’aventure, les chercheurs étrangers refusaient de venir habiter dans cette zone si peu résidentielle ou si, pour une raison ou une autre, il n’était plus nécessaire de faire appel à eux ? Devrait-on alors envisager de transformer les logements construits en cités HLM susceptibles de désengorger les grandes villes de la région PACA ?
Dans ce cas, les retombées d’ITER seraient effectivement incommensurables.


L’association « Chanteprunier » a un site internet :
http://antizac.free.fr/association_ZAC_manosque.html

Recette libyenne

Peu importe que les infirmières bulgares aient servi d’alibi puisqu’en fin de compte elles ont été libérées.
On peut en rester là et se dire «peu importe comment elles ont été libérées». Certes.
L’équivoque est ailleurs.
On pouvait se douter qu’après le levée d’embargo vis à vis de la Libye, ce serait la ruée vers son or noir et sur un marché de l’armement aussi juteux que potentiel. L’embargo ayant été levé en 2004, on se demande à juste titre pourquoi «le nécessaire» n’a pas été fait plus tôt. Passons…

Comment reprocher à un chef d’état de vouloir faire la promotion d’une industrie aussi florissante que celle de l’armement ? Que ne ferait-on pour préserver des emplois et augmenter un taux de croissance aussi poussif que fébrile, serait-ce au mépris de toute éthique ?
En dehors du fait que l’industrie de l’armement reste potentiellement suspecte, que la volonté de préserver des emplois est une intention louable mais peu sincère de la part d’un défenseur convaincu du Medef (pas celui des PME-PMI ni celui des TPE), il n’y a pas grand chose à reprocher au président de la République.

Il ne faut pas s’attarder, je crois, sur les projecteurs qui se sont spontanément braqués sur l’épouse du président. Le couple présidentiel a besoin d’être aimé comme le colonel Khadafi a besoin d’être reconnu comme «incontournable» dans le concert des nations. C’est donc une question d’ego et personne ne doute qu’un acteur puisse en être dépourvu.

Pourtant, on peut légitimement s’étonner que le "président - premier ministre – ministre des affaires étrangères – ministre de la défense – ministre de l’économie – ministre des droits de «l’hommiste» - …" s’acharne après coup, à vouloir dissocier la négociation pour la libération des otages bulgares d’une autre négociation moins spectaculaire et plus lucrative consistant à récupérer des parts de marché sur la vente de machines à tuer plutôt que sur celle d’un programme visant au co développement.
Il aurait pu ou pourrait en faire l’économie.
S’il s’y refuse, c’est soit le signe d’une pudeur honteuse, soit celui d’un entêtement à justifier l'injustifiable et qui finira par lui être préjudiciable.
Pour finir, comment un Etat de droit devra-t-il réagir demain si d’aventure, un autre chef d’état, imbu de lui même et peu scrupuleux quant aux méthodes employées, s’avisait de suivre la recette libyenne ?

07.08.2007

Cumul et dilettantisme (1)

«L'un des traits marquants du caractère de Hitler était son dilettantisme. Il n'avait jamais appris un métier et au fond il est toujours resté un profane.
Comme beaucoup d'autodidactes, il n'était pas capable de porter un jugement fondé sur des questions qui demandaient de véritables connaissances techniques. N'ayant pas la notion de la complexité et de la difficulté inhérentes à toutes les grandes tâches, il ne cessa de cumuler de nouvelles fonctions. Dégagé de toutes les idées apprises, son esprit prompt à saisir les choses, lui donna parfois le courage de prendre des mesures peu orthodoxes, dont un spécialiste n'aurait pas eu l'idée. Les succès stratégiques des premières années de la guerre peuvent sans conteste être imputés à son ignorance obstinée des lois de la guerre et à sa détermination de profane.
Comme ses adversaires se conformaient à des règles que Hitler, en vertu de son pouvoir incontrôlé d'autodidacte qui ne rend jamais de comptes, ne connaissait ou ne respectait pas, il en résultat des effets de surprise, qui, combinés à notre supériorité militaire, créèrent les premières conditions de succès. Mais comme il arrive généralement avec les êtres dépourvus de formation, il courut à sa perte dès que survinrent les premiers revers. Son ignorance des règles du jeu apparut alors comme une incapacité d'un ordre différent, cette carence cessa d'être un avantage. Son incurable dilettantisme se manifesta avec une force et une opiniâtreté toujours plus grandes à mesure que les échecs devenaient plus graves.
Sa propension aux décisions inattendues et surprenantes avait longtemps constitué sa force : désormais elle allait précipiter sa chute.»
Référence : SPEER, Albert, Au cœur du Troisième Reich, Fayard, 1969, p. 326

Cet extrait pourrait se passer de commentaires, sauf que NON, BIEN SUR, NICOLAS SARKOSY N'EST PAS HITLER. Le fascisme occidental et contemporain a changé d’aspect et de ressorts.

On n’en dira pas autant du dilettantisme associé au cumul des fonctions qui, dans une démocratie, finit généralement par froisser les plus serviles et se trouve à l’origine de bévues lourdes de conséquences sociales et économiques.

06.08.2007

Cumul et dilettantisme (2)

On ne demande pas à un chef d’Etat, président de la République ou simple édile de province, d’être spécialiste en tout. On attend de lui qu’il soit suffisamment lucide pour s'en tenir au cadre préalablement défini de son action et qu’il sache faire appel à compétences réelles dans les domaines sensibles, ce qui s’appelle savoir déléguer. «L’ouverture» pratiquée aujourd’hui n'est qu’une couverture jetée pudiquement sur une réelle incapacité à déléguer vraiment.
Alors que F. Bayrou voulait éviter le bipartisme, nous nous retrouvons pour l’instant, en situation de parti unique. Dur à vivre pour qui n’est pas encore tout à fait étourdi par une société ludique dont la Française des Jeux, n’est qu’une des succursales.

N. Sarkosy n’a pas besoin de solution finale. Il n’a pas non plus besoin d’un ministère de la propagande. L’inertie des uns, le silence des autres, justifiés ou pas, lui permettent d’exister sans qu’il ait à répondre de ses actes, et, paradoxe, de jouir sans entrave d’un pouvoir qu’il croit absolu.
Le problème est qu’un pouvoir, absolu ou pas, n’est jamais éternel. On pourrait même avancer que le propre du pouvoir, sa constante, c’est d’être voué à l’autodestruction.
Ce n’est pas une raison pour là rester sans broncher. Parce que le jour où le parti unique de little brother implosera ce ne sera pas sans provoquer d’étranges dégâts collatéraux.

Sur le plan local, la plupart des élus UMP se calent dans le sillage du chef. Eux aussi cherchent ou chercheront d’ici peu à pratiquer l’ouverture au nom de l’intérêt général et d’un effet de mode.
Mais au nom des spécifiCITES, le sur mesure est préférable au prêt à porter.

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